Assemblée Générale de l’UNCU du samedi 3 décembre 2005
INTERVENTION DE MICHEL LENGUIN
SUR LA DISPARITION DE COLETTE BESSON
Ce matin Jean-François GILLES me transmet une lettre qui ne m’est parvenue en son temps. Elle concerne Colette BESSON dont nous évoquons aujourd’hui la mémoire, alors que l’Université d’Eté de Lille lui a été dédiée. Une lettre émouvante qu’il nous lira dans quelques minutes.
Il est à la fois facile et difficile de parler de Colette ! Facile si on décline sèchement ses titres, malgré tout peu connus, occultés par cette fameuse médaille d’or olympique de Mexico. Co-recordwoman du Monde du 400 mètres, Championne d’Europe du 4 fois 400, Championne de France du 800. Plusieurs fois Championne de France du 400 mètres, Championne de France du 400 mètres haies… Ce que l’on sait moins encore, c’est que cette athlète racée ne se ménageait pas l’hiver à courir sur tous les terrains. Cela lui valut d’être Championne de France individuelle de Cross et trois fois Championne de France par équipe avec le B.E.C. Elle participait à tous les interclubs et s’investissait avec enthousiasme pour tout ce qui touchait le Club, l’équipe. ! Elle dégageait un charisme étonnant dû à vrai dire à la vérité de sa personne !
J’ai eu la joie de participer à l’inauguration de l’espace sportif de Font-Romeu. Ce fut un immense rassemblement, un rassemblement dans la ferveur et l’émotion qu’elle suscitait à chacune de ses apparitions.
Il y a 4 ans, lors de la remise des Iris dans l’amphithéâtre Nelson PAILLOU du CNOSF, toute l’assistance debout l’a ovationnée, spontanément happée par le magnétisme, de sa simplicité souriante.
Chacune de ses interventions contenait un volet adressé aux clubs universitaires et à leur spécificité. Colette BESSON, c’est notre blason, notre « panache blanc » et désormais un label auquel nous devons, nous référer avec fierté.
C’est donc pour nous un souhait très affirmé d’instituer un trophée Colette BESSON. Il nous faut nous rapprocher de Jean-Paul NOGUES et de ses deux filles. Il nous faut prendre date auprès du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative. Il nous faut aussi inventer une manifestation qui puisse témoigner pour elle ! Nous prenons aujourd’hui la décision d’entreprendre ce formidable pari.
Jean-François GILLES lit une lettre qu’il a adressé au Président du « Bordeaux Etudiant Club » de l’époque Michel LENGUIN, sous le coup de l’émotion puisqu’il avait eu l’occasion de connaître Colette BESSON. Il était petit junior qui accédait au niveau national et elle déjà avait fait ses marques. C’est un hommage affectueux spontané.
Cher Michel,
A vos marques, prêt, le coup de feu du stater claque… Une longue crinière brune s’envole vers une nouvelle victoire…
Nous sommes en 68, mais non, ce n’est pas Mexico mais Paris, en juillet, meeting à Charlety… le 200 m ! Comme elle est belle !
C’est là que j’ai rencontré Colette, Colette BESSON, moi le petit junior qui venait de se trouver propulsé dans les hautes sphères de l’athlétisme. J’ai tout de suite été subjugué par elle ; elle était belle comme le jour, un sourire rayonnant, crinière au vent… Elle était belle à voir courir et de l’avis de tous, elle était belle dans la vie.
Par la suite mon arrivée à Bordeaux comme étudiant et la fréquentation assidue des Bécistes m’a permis de la rencontrer plus régulièrement. J’ai pu à cette occasion apprécier son accessibilité et sa gentillesse… A vos marques, prêt, … l’ordre d’ « UN STARTER » implacable a résonné, Colette a pris son départ, mais pour quelle arrivée, pour quelle victoire ?
On a envie d’hurler, depuis la tribune de la vie « il faut la rappeler, le départ a été anticipé »… Mais rien n’y fera, nous ne la verrons pas arriver. Nous resterons avec nos souvenirs, nos images et la beauté et la force et l’élégance de son ultime départ…
Puisse-t-elle arriver en tête dans l’Olympe, pas obligatoirement des vedettes, mais des champions, des champions de la vie… des gens bien !
Je te chargerai, Michel, de transmettre à nos connaissances et amis Bécistes la compassion et les sentiments attristés des Cupistes. |